Participer au projet SEMIL et partir à Scampia, dans cette « école de la deuxième chance » qu’est CasArcobaleno, a profondément marqué chacun d’entre nous. Derrière ce voyage solidaire, il y avait des mois de préparation, mais surtout une envie commune : aller à la rencontre de l’autre, apprendre autrement et se mettre au service des plus démunis.
Pour Mme Honnay., enseignante engagée dans le projet, cette expérience a donné un sens très concret à l’expression « être au service de » :
« Être au service, c’est bien sûr transmettre, accompagner, croire en chaque jeune et porter une attention particulière aux plus vulnérables. Mais c’est aussi accepter de sortir du cadre habituel : parfois, cela passe simplement par être présent, s’asseoir par terre, dessiner, échanger quelques mots. Dans ces instants de simplicité partagée, une relation différente se tisse ; la confiance s’installe et, comme un arc-en-ciel après la pluie, un horizon de possibles semble soudain s’ouvrir. »
À Scampia, chacun a découvert une réalité différente de la sienne, mais aussi une manière universelle de communiquer : par le regard, le sourire, le jeu ou encore le partage du quotidien.
Emmie raconte combien ce voyage, qu’elle appréhendait au départ, s’est rapidement transformé en une aventure humaine inoubliable :
« Dès notre arrivée au centre, nous avons été accueillis comme dans une famille, comme si nous avions toujours été là. Nous avons partagé le quotidien des enfants : les cours, les activités éducatives, les repas, les matchs de foot et de basket… Même sans parler la même langue, nous avons réussi à nous comprendre à travers le sport, la cuisine ou les activités manuelles.
L’amour que nous avons reçu et la fraternité dont nous avons été témoins resteront gravés dans ma mémoire. Cette semaine m’a appris énormément sur le travail en équipe, sur les autres, mais aussi sur moi-même. J’ai compris qu’une petite action peut devenir quelque chose de grand et apporter beaucoup à ceux qui en ont besoin. »
Les liens créés avec les enfants ont profondément touché les élèves. Edgar évoque avec émotion une relation née dans la simplicité :
« Cette photo illustre parfaitement mon séjour : le partage, les émotions, l’amour reçu. Je suis comblé de bonheur en la regardant. Nous n’avions même pas besoin de parler pour nous comprendre.
Le moment qui m’a le plus touché, c’est lorsqu’un enfant m’a demandé : “Est-ce que tu reviens lundi ?” Cette phrase est restée gravée en moi. Cette photo représente toute la force et la beauté de cette expérience. »
Anna, elle aussi, a été marquée par les moments de soutien scolaire vécus avec les enfants :
« Lors de notre voyage solidaire à Naples, nous aidions les enfants à faire leurs devoirs l’après-midi. Malgré la barrière de la langue — eux parlaient italien et nous très peu — nous avons réussi à communiquer et à accompagner un enfant jusqu’à ce qu’il termine tous ses exercices de mathématiques.
Ce moment nous a montré qu’il est toujours possible de créer du lien, même sans parler la même langue. Cette expérience nous a appris des valeurs essentielles comme l’entraide, la patience et le partage. »
Yaelle souligne également combien les liens humains ont dépassé les différences culturelles et linguistiques :
« Malgré les différences de culture et la barrière de la langue, cela ne nous a pas empêchés de créer des liens très forts. J’ai choisi cette photo parce qu’en très peu de temps, nous nous sommes énormément attachés aux jeunes.
Partager ces moments avec les enfants a été l’une des plus belles parties de cette aventure, et restera un souvenir très précieux pour moi. »
Le séjour a également permis de prendre conscience de réalités sociales parfois très dures. Anaé revient notamment sur la visite d’un camp rom :
« Cette journée a été l’un des moments les plus touchants du voyage. Nous sommes allés dans un camp rom où vivaient des familles dans des conditions très précaires. Nous avons passé la journée à jouer avec les enfants et à rencontrer les familles, en découvrant une culture riche de traditions.
En revenant au centre, je me suis rendu compte de tous les privilèges que nous avons et de la chance que nous avons au quotidien. Cette expérience m’a appris la gratitude et restera pour moi profondément enrichissante. »
Au fil des jours, ce voyage à Scampia est devenu bien plus qu’un projet solidaire. Il a été une expérience de fraternité, d’écoute et de partage, où chacun, élèves comme enseignants, est revenu changé.
Nous repartons tous avec des souvenirs forts, des rencontres inoubliables et la conviction qu’un simple geste, une présence ou une attention peuvent parfois changer bien plus qu’on ne l’imagine.